Kastet – Profile Close-Up – From The Ashes.
Kastet est une bgirl originaire de Krasnodar, dans le sud de la Russie. Double championne du Red Bull BC One Russie, elle revient ici sur ce que la danse, le doute et une grave blessure lui ont appris d’elle-même.
Partie 1 : Les Racines de la Résilience.
“Je suis née dans le sud de la Russie, dans une ville qui s’appelle Krasnodar, proche de la mer et des montagnes. Le sport et l’art ont toujours été très présents dans ma famille. Mon père a été dans les arts martiaux pendant plus de 45 ans et ma mère était passionnée de gymnastique. Mes parents se sont rencontrés à l’université Kuban State, faculté d’Arts, la même université de laquelle j’ai été diplômée il y a quelques années.
Durant mon enfance mon père nous a éduqué, moi et ma grande sœur, dans un environnement très riche en sport et en art. C’était toujours stimulant, dans un cadre plutôt bienveillant, même si parfois un peu autoritaire. Par exemple, je me rappelle avoir été mise au défi de faire 100 pompes à mes 5 ans. Ma mère aussi me faisait faire des étirements et des acrobaties très jeune. On s’entraînait tous les jours avec mon père pour apprendre à se défendre dans la rue, on boxait, on apprenait des prises de défense si un garçon nous attrapait ou nous menaçait avec un couteau. Mon père était très passionné et impliqué, ces exercices étaient amenés comme un jeu même si ce n’était pas toujours très amusant. Encore aujourd’hui quand je pars en voyage chez eux, il me surprend souvent avec une prise.
Mon père enseignait le dessin et les arts martiaux à l’université. Financièrement ça ne suffisait pas pour subvenir à nos besoins donc mes deux parents avaient un autre emploi. C’est ainsi que s’est déroulée mon enfance, entre la mer, la montagne, l’art et le sport.
J’ai commencé la danse à mes 5 ans. Mes premiers pas étaient en danse de salon, car c’était la seule forme de danse disponible dans ma ville à l’époque. J’ai toujours adoré danser, au fil des ans c’est devenu quelque chose dont j’avais besoin. J’ai fait ces danses de salon jusqu’à mes 11 ans où j’ai arrêté car ça devenait cher et moins stimulant. Après cela j’ai fait du judo pendant plus d’un an. Mon père m’a ensuite inscrite dans un studio de danses dans lequel j’ai fait de la choréo pour au final me retrouver aux cours de breaking sans vraiment savoir ce que c’était. Je voulais simplement danser et c’était le seul créneau qui fonctionnait avec mon emploi du temps. J’ai très vite aimé l’énergie et la liberté que j’avais dans cette danse. Je ne me souciais pas des mouvements compliqués, j’y trouvais mon compte en terme d’expression artistique. Mes parents étaient inquiets au début car je revenais à la maison avec des bleus sur les épaules comme je n’en avais jamais eu auparavant.
Dès le début, mon père m’a dit de travailler tous les mouvements dans les 2 sens. Quelque temps après, il a vu que j’avais un bras plus musclé que l’autre. Il m’a menacé de me punir de breaking si je ne travaillais pas tous les mouvements des 2 côtés. C’est typiquement le genre de chose que seul un sportif aguerri peut voir ! Avec des obligations comme cela, j’ai eu au moins la chance de prendre les bonnes habitudes dès le début. Après 2 ans de break j’ai intégré le crew 3:16 – un des grands crews du sud de la Russie.”
Partie 2 : De l’Hésitation au Triomphe.
“J’ai remporté le Red Bull BC One Russie 2 fois. La première fois c’était en 2018, j’ai ensuite perdu au Last Chance de Salzburg en top 16. J’ai de nouveau gagné le BC One Russie l’année suivante en 2019 et j’ai obtenu mon ticket pour Mumbai. Cette période de ma vie a été complètement folle, des sauts d’humeurs, des remises en question etc.
Avant de s’envoler pour Mumbai, on a fait une escale à Moscou avec Max qui m’accompagnait. On s’est entraîné et je me suis sentie si mal, si nulle, j’étais rongée par le doute. On était chez une amie à moi et je n’ai pu m’empêcher de pleurer. Je disais à Max que je n’étais pas prête, que je ne savais pas danser. J’étais profondément déçue de mon style de break. Mon approche est loin des gros mouvements spectaculaires, je n’ai jamais travaillé ces powermoves et ces tricks ; mon style, c’est simplement l’expression de mon âme, c’est tout ce que j’ai. Et ce jour-là, je me sentais tellement faible.
Quand je suis arrivée aux qualifications du Last Chance Cypher je n’avais aucune attente. Au premier round, je me suis retrouvée face à Logistx qui venait d’être nommée All Star, et à ma grande surprise j’ai avancé tour après tour, jusqu’à me qualifier pour la grande finale. Je n’y croyais pas. J’étais heureuse d’avoir pu m’exprimer purement sur cette scène et j’étais motivée pour la grande finale. Les gens ressentaient mon énergie.
Le jour de la finale j’ai gagné les battles jusqu’à arriver en top 4. Les 3 autres bgirls face à moi étaient japonaises : Mims, Ayumi et Ami. C’était incroyable, elles sont si fortes et j’ai eu l’honneur d’être face à des personnes si talentueuses. J’étais si heureuse à ce moment-là, je voulais danser, je n’avais plus rien à perdre. J’étais là sur cette scène et malgré le doute, malgré le fait que ma tête et mes pensées avaient douté, mon âme y avait cru. Lorsque j’ai gagné, c’était incroyable. A vrai dire je ne me rappelle même pas de ce moment. Je me rappelle que je n’ai pas réussi à dormir pendant 3 jours. L’excitation, le stress, l’émotion, tout était si intense. J’ai été bombardée d’interviews, les gens ont commencé à me reconnaître dans ma ville. Quand je suis retournée à l’université, mes camarades m’ont fait une fête.
L’année suivante, en 2020, j’ai remporté une seconde victoire. Cette fois-ci, la situation était différente. Après ma première victoire, je pensais que j’allais pouvoir voyager, explorer le monde à travers le break. Mais le Covid est arrivé, et tout s’est arrêté. Max et moi sommes restés chez nous, à regarder Les Simpsons, sans avoir envie de s’entraîner. Et puis, un jour, j’ai reçu un message de Red Bull me proposant de participer à la compétition de Zurich. Trois semaines avant l’événement, je me suis remise à l’entraînement et je me sentais si bien.
Cette deuxième victoire avait une saveur particulière. Après ma première victoire, beaucoup de gens disaient que j’avais juste eu de la chance. «Ce n’est pas une vraie victoire, c’est juste la chance.» Oui, je crois en la chance, mais je pense aussi que la chance ne choisit pas ses destinataires par hasard. Ces remarques m’ont blessée, mais elles m’ont aussi donné envie de prouver que je méritais ce titre. Cette deuxième victoire était ma réponse à tous ces doutes. J’ai toujours eu un manque de confiance en moi mais j’ai toujours été portée par mon plaisir de danser.”
« J’étais là sur cette scène et malgré le doute, malgré le fait que ma tête et mes pensées avaient douté, mon âme y avait cru. »
Partie 3 : Construire l’Équilibre Ensemble.
“On s’est mariés en 2016, mais notre histoire a commencé bien avant. On s’est rencontrés quand j’ai intégré le crew 3:16, il y a environ quatorze ans. Depuis, chaque jour, nous faisons le choix d’être ensemble. Chaque journée n’est pas simple, tout n’est pas toujours rose, et cela demande des efforts constants. Mais, à chaque instant, on se rappelle pourquoi on fait ces efforts. Max est une personne si belle, si profonde, si sage. Il m’ouvre les yeux sur tant de belles choses, des choses qui me donnent envie de m’impliquer, de m’engager davantage. Je vois qui je deviens à ses côtés, et j’aime profondément cette version de moi-même. J’apprécie la direction que nous prenons ensemble, la manière dont nous réfléchissons, dont nous évoluons.
Max est toujours là, à mes côtés, même dans les moments difficiles, et il y en a beaucoup, surtout dans le monde du break. Mes démons sont nombreux, et parfois, je me bats avec eux. Mais malgré tout, il reste présent. Ce n’est pas toujours comme je le souhaiterais, il ne me soutient pas toujours de la manière dont j’en ai besoin. Mais l’important, c’est qu’il est là, toujours.
Nous construisons ensemble ce qui nous manque chacun de notre côté. Il est mon équilibre, et je suis le sien. Ensemble, nous avançons, pas à pas, avec nos forces et nos faiblesses.”
Partie 4 : Une Cicatrice, Une Leçon.
“Cette blessure est survenue à un moment compliqué de ma vie. Je travaillais énormément, je ne faisais pas attention à mon repos, à ma santé. La danse, même si c’est mon activité professionnelle, n’a jamais été un travail pour moi malgré la quantité d’énergie que cela demande.
Quelques jours avant que la blessure ne se produise, je me sentais si bien, si libre dans ma danse. J’avais atteint un niveau de connexion et de ressenti que je n’avais jamais connu auparavant. C’était en Thaïlande lors du tour d’Indonésie avec les BC One All Star, et les gens autour de moi ressentaient cette énergie. J’ai ressenti la même chose lors du Radikal Force Jam, mais mon corps, lui, était épuisé. C’est lors de ce battle que je me suis luxé l’épaule.
À ce moment-là, j’écrivais beaucoup dans mon journal intime. Mon subconscient m’envoyait des messages que j’arrive aujourd’hui à déchiffrer lorsque je lis entre les lignes de mon journal : j’étais fatiguée, je devais ralentir. Mais dans cette vie pleine de stimulation il est facile d’ignorer ces signes. On est invité à des événements, on voyage, on rencontre du monde, et on danse. Cette blessure est arrivée alors que je me sentais le plus libre dans ma danse, mais aussi le plus fatiguée.
Lorsque je suis arrivée au Red Bull Center, ils m’ont dit qu’une intervention chirurgicale était nécessaire et que j’allais avoir besoin de six mois de rééducation. À ce moment où je me sentais enfin libre dans ma danse, entendre cela m’a complètement bouleversée. J’ai pleuré pendant des heures, je ne savais plus comment gérer ces émotions.
Mais une blessure ne survient jamais sans raison. Le corps et l’esprit sont profondément liés, il est essentiel de prendre le temps de traiter tout ce que l’on traverse. J’avais déjà eu des rêves qui me montraient à quel point j’étais épuisée et déconnectée de moi-même. Quand je suis arrivée à l’hôpital, je me suis sentie presque soulagée. Enfin, je pouvais me reposer, accepter cette pause. Bien sûr, je n’ai pas réussi à rester inactive très longtemps. Très vite, j’ai ressenti le besoin de bouger à nouveau.
Je n’ai jamais appris à m’arrêter, à observer la vie, à respirer. J’ai toujours couru, sans jamais prendre le temps de m’asseoir et de simplement être. Aujourd’hui, je traverse ma plus grande thérapie, et c’est la meilleure que je n’aie jamais vécue. Je me sens enfin vivante, je me sens renaître.
Il y a une histoire importante qu’il faut que je vous raconte : il y a trois ans j’ai fait mon plus gros burn-out, duquel j’ai gardé des séquelles jusqu’à aujourd’hui. J’en suis arrivée à haïr le break, tout en l’aimant profondément. Cette dualité était incompréhensible pour moi, c’était très difficile à vivre. Quelque temps avant ce burn-out, mes parents m’avaient offert un pendentif en forme de phénix. Ils m’avaient dit : «Tu es comme ce phénix. Brûle toi et renais de tes cendres, plus forte.» Dernièrement, quand on m’a annoncé que je devais subir une intervention chirurgicale, je me suis souvenue de ce pendentif, et je l’ai emporté avec moi. Je me brûle, mais je renais, avec plus de lumière dans mon âme.
Aujourd’hui, je me sens renaître. Je suis remplie d’amour. J’ai encore des peurs, mais je les accepte. La peur est belle, car elle nous permet d’apprendre. J’apprends à rire, à être pleinement présente, à ressentir les petites choses : le souffle du vent venant de la fenêtre, les odeurs autour de moi. Je veux intégrer tout cela dans ma danse. Je ne veux plus simplement danser avec mon corps et mes mouvements, je veux danser avec mes six sens, être là, totalement. Cette blessure m’a tant appris. Ma cicatrice raconte l’histoire de mon âme, et celle des personnes qui m’entourent. Je suis tellement heureuse.
Je vois mieux, je vois plus. ♦”
PART 1
“I was born in the south of Russia, in a city called Krasnodar, near the sea and the mountains. Sports and art have always been very present in my family. My father has been involved in martial arts for more than 45 years, and my mother was passionate about gymnastics. My parents met at the Kuban State University, Faculty of Arts, the same university from which I graduated a few years ago.
During my childhood, my father raised me and my older sister in an environment rich in sports and art. It was always stimulating, in a rather supportive environment, though sometimes a bit strict. For example, I remember being challenged to do 100 push-ups when I was five years old. My mother also made me do stretches and acrobatics at a very young age. We trained with my father every day to learn how to defend ourselves on the street. We boxed, learned defense techniques in case a boy grabbed us or threatened us with a knife. My father was very passionate and involved; these exercises were presented as a game, although it wasn’t always fun. Even today, when I visit them, he often surprises me with a hold.
My father taught academic drawing at the university. Financially, it wasn’t enough to meet our needs. My parents, having an academic drawing education, worked at a regular job to be able to give food to me and my sister. That’s how my childhood unfolded, between the sea, the mountains, art, and sports.
I started dancing when I was five years old. My first steps were in ballroom dancing, as it was the only form of dance available in my town at the time. I’ve always loved dancing, and over the years it became something I needed. I did ballroom dancing until I was 11 when I quit because it was becoming expensive and less stimulating. After that I practiced Judo for more than a year. My father then enrolled me in a dance studio where I did choreography, and I eventually ended up in breaking classes without really knowing what it was. I just wanted to dance, and it was the only slot that worked with my schedule. I quickly loved the energy and the freedom I felt in this dance. I didn’t care about complicated moves; I found my artistic expression in it. My parents were worried at first because I would come home with bruises on my shoulders like I’d never had before.
From the very beginning, my father told me to work on all moves in both directions. Later, he noticed that one of my arms was more muscular than the other. He threatened to ban me from breaking if I didn’t work on all the moves on both sides. That’s the kind of thing only an experienced athlete would notice! With demands like that, at least I had the chance to build good habits from the start. After two years of breaking, I joined the crew 3:16 – one of the major crews in southern Russia.”
PART 2
“I won Red Bull BC One Russia twice. The first time was in 2018, then I lost in the Last Chance Cypher in Salzburg, reaching the top 16. I won BC One Russia again the following year in 2019 and got my ticket to Mumbai. That period of my life was completely crazy, full of mood swings and self-doubt.
Before flying to Mumbai, we made a stop in Moscow with Max, who was with me. We trained, and I felt so bad, so worthless, overwhelmed with doubt. We were at a friend’s place, and I couldn’t help but cry. I told Max that I wasn’t ready, that I didn’t know how to dance. I was deeply disappointed in my breaking style. My approach is far from big, spectacular moves; I never worked on powermoves or tricks. My style is simply the expression of my soul, that’s all I have. And that day, I felt so weak.
When I arrived at the Last Chance Cypher qualifications, I had no expectations. In the first round, I faced Logistx, who had just been named All Star, and to my great surprise, I advanced round after round, until I qualified for the grand final. I couldn’t believe it. I was happy to have been able to purely express myself on that stage, and I was motivated for the grand final. People could feel my energy.
On the day of the final, I won the battles until I reached the top 4. The other three bgirls facing me were Japanese: Mims, Ayumi, and Ami. It was incredible; they are so strong, and I had the honor of going up against such talented people. I was so happy at that moment, I just wanted to dance, I had nothing left to lose. I was there on that stage, and despite the doubt, despite the fact that my head and thoughts had doubted, my soul had believed. When I won, it was incredible. To be honest, I don’t even remember that moment. I remember not being able to sleep for three days. The excitement, the stress, the emotion, everything was so intense. I was bombarded with interviews, and people started to recognize me in my city. When I returned to university, my classmates threw me a party.
The following year, in 2020, I won a second victory. This time, the situation was different. After my first win, I thought I would be able to travel, explore the world through breakdancing. But then Covid hit, and everything came to a halt. Max and I stayed at home, watching The Simpsons, without any desire to train. And then one day, I received a message from Red Bull inviting me to compete in Zurich. Three weeks before the event, I got back to training, and I felt so good.
This second victory had a special meaning. After my first win, many people said I had just been lucky. “It’s not a real win, it’s just luck.” Yes, I believe in luck, but I also think luck doesn’t choose its recipients by chance. Those comments hurt me, but they also made me want to prove that I deserved that title. This second victory was my answer to all those doubts. I’ve always had a lack of confidence in myself, but I’ve always been driven by the joy of dancing.”
PART 3
“We got married in 2016, but our story began long before that. We met when I joined the 3:16 crew, about fourteen years ago. Since 10 years we are together, every day, we choose to be together. Not every day is easy, and not everything is always perfect, and it requires constant effort. But at every moment, we remind ourselves why we make these efforts. Max is such a beautiful, deep, and wise person. He opens my eyes to so many wonderful things, things that make me want to get more involved and commit more deeply. I see who I am becoming by his side, and I truly love this version of myself. I appreciate the direction we are taking together, the way we think, the way we grow.
Max is always there, by my side, even during difficult times, and there are many, especially in the world of breaking. I have many demons, and sometimes, I struggle with them. But despite everything, he remains present. It’s not always how I would like; he doesn’t always support me in the way I need. But what matters is that he’s there, always.
Together, we build what each of us is missing on our own. He is my balance, and I am his. Together, we move forward, step by step, with our strengths and weaknesses.”
PART 4
“This injury occurred at a complicated time in my life. I was working a lot, not paying attention to my rest or my health. Dance, even though it’s my profession, has never felt like a job to me despite the amount of energy it requires.
A few days before the injury happened, I felt so good, so free in my dance. I had reached a level of connection and feeling I had never experienced before. It was in Thailand during the South East Asian Tour with the BC One All Stars, and the people around me could feel that energy. I felt the same way at the Radikal Force Jam, but my body was exhausted. It was during that battle that I dislocated my shoulder.
At that time, I was writing a lot in my diary. My subconscious was sending me messages that I can decipher today when I read between the lines of my journal: I was tired, I needed to slow down. But in this life full of stimulation, it’s easy to ignore those signs. You’re invited to events, you travel, you meet people, and you dance. This injury happened when I felt the freest in my dance, but also the most fatigued.
When I arrived at the Red Bull Center, they told me I needed surgery and that I would require six months of rehabilitation. At the moment when I finally felt free in my dance, hearing that completely shattered me. I cried for hours, I didn’t know how to handle those emotions.
But an injury never happens without reason. The body and mind are deeply connected, and it’s essential to take the time to process everything you’re going through. I had already had dreams showing me how exhausted and disconnected I was from myself. When I arrived at the hospital, I felt almost relieved. Finally, I could rest, accept this pause. Of course, I didn’t manage to stay inactive for very long. Soon enough, I felt the need to move again.
I never learned how to stop, to observe life, to breathe. I’ve always been running, never taking the time to sit down and just be. Today, I am going through my greatest therapy, and it’s the best I’ve ever experienced. I finally feel alive; I feel like I’m being reborn.
There’s an important story I need to tell you: three years ago, I had my biggest burnout, the effects of which I still carry to this day. I came to hate breaking, even though I loved it deeply. This duality was incomprehensible to me, it was very difficult to live with. Some time before that burnout, my parents had given me a phoenix pendant. They told me, “You are like this phoenix. Burn yourself and rise from your ashes, stronger.” Recently, when I was told I needed surgery, I remembered that pendant, and I took it with me. I am burning, but I am being reborn, with more light in my soul.
Today, I feel like I am being reborn. I am filled with love. I still have fears, but I accept them. Fear is beautiful because it allows us to learn. I am learning to laugh, to be fully present, to feel the little things: the breeze from the window, the smells around me. I want to bring all of this into my dance. I no longer want to dance just with my body and my movements; I want to dance with my six senses, to be there, completely. This injury has taught me so much. My scar tells the story of my soul, and of the people around me. I am so happy.
I see more clearly, I see more. ♦”
Interview : Kastet.
Texte par : Tom Chaix. @tomtheunclear
Photos par : Sebastián Esguerra. @__sesguerra__
Vidéo par : Hicham Boulehfa. @jeuneflingue
Lieu : Chez Roxana Gabriela @bgirl_roxey, Paris.
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